Exposition d’art contemporain

Féminin-Masculin

1995

Féminin – Masculin, Le sexe de l’art

Le Centre Georges Pompidou présente du 26 octobre 1995 au 12 février 1996 l’exposition « Féminin – Masculin, le sexe de l’art » dans la Grande Galerie, 5e étage (2500 m2). 500 oeuvres d’une centaine d’artistes internationaux sont exposées : peintures, sculptures, dessins, photographies, vidéos, films. De nombreux artistes créent une oeuvre spécialement pour l’exposition.

Une oeuvre originale collective est réalisée dans le forum (RdC) avec la complicité de trois jeunes artistes français Fabrice Hybert, Françoise Quardon et Claire Roudenko-Bertin : l’oeuvre constitue le « Précipité » emblématique de l’exposition.

Premier chapitre du Passage du siècle (les grands bilans que le Centre Georges Pompidou propose en 1996 et 1997), cette exposition renoue avec des expériences décisives comme par exemple « Eros », organisée en 1959 par Marcel Duchamp et André Breton. 

A travers le titre « Féminin – Masculin, le sexe de l’art » s’exprime un double enjeu : celui de réhabiliter le terme dévalué d’une opposition inscrite dans la tradition des couples hiérarchiques de la pensée occidentale (forme/matière, vérité/mensonge, être/paraître, profondeur/surface, etc.) ; celui de montrer qu’au delà d’un simple sujet-motif artistique, le sexe est partie prenante des processus de l’art lui-même. 

L’ambition de cette exposition est de montrer, en dehors de toute approche chronologique, comment les productions artistiques du XXe siècle n’ont eu de cesse de venir brouiller les fatalités biologiques, anatomiques et culturelles traditionnellement liées au sexe. Aborder l’art dans la perspective de la différence sexuelle, ce n’est pas mécaniquement opposer un art « masculin » à un art « féminin », mais tenter de donner à voir comment les oeuvres se trouvent traversées par cette question, au-delà du sexe – du genre – des artistes qui les produisent.

Féminin – Masculin, le sexe de l’art montrera aussi la coexistence dans ce siècle de deux généalogies artistiques concernant le sexe. L’une, à partir de Picasso, s’inscrit dans la tradition classique de la différence des sexes, conçue comme une opposition dialectique et organique du masculin et du féminin. L’autre, à partir de Marcel Duchamp, inaugure un nouveau type de relations, selon une logique asymétrique, faisant circuler les intensités masculines et féminines sur un mode proliférant qui opère une déterritorialisation des entités anatomiques, identificatoires et formelles. 

Les artistes de la jeune génération (tant américaine qu’européenne) semblent très sensibles à cette manière de déstabiliser les polarités traditionnelles du masculin et du féminin, mettant en oeuvre de nouvelles configurations éthiques et formelles qui se situent au-delà de la différence sexuelle, et en cela se distinguant en radicalement des positions identitaires des années 70.

Source sur le site : https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/cynnLg6