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Bernard Gilman

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Extrait du site : https://www.francebleu.fr/infos/culture-loisirs/bernard-gilman-deces-d-une-figure-du-modele-grenoblois-des-annees-60-70-9884182

Née en 1931 au Vanuatu de parents originaires du Nord et qui reviendront assez vite en France, Bernard Gilman a d’abord été dans sa vie ouvrier fraiseur, avant de rejoindre les Alpes et d’embrasser la carrière d’instituteur dans l’Oisans, en raison de problème de santé de sa femme. Là il va faire la connaissance des militants de l’époque de l’éducation populaire, puis peu à peu passer du militantisme à la politique.

Du conseil municipal de Grenoble au ministère de la Culture

« D’abord il s’engage dans l’équipe d’Hubert Dubedout, raconte l’historien grenoblois Gil Emprin, le Groupe d’action municipal (GAM) puis le PSU, Parti socialiste unifiée, c’est l’époque où il y a Pierre Mendès-France, Rocard, où Grenoble est à la fois un laboratoire culturel et politique« . Bernard Gilman sera pendant 12 ans l’adjoint à la culture de Hubert Dubedout (1965-1977). Son action marquera les esprits et la ville.

« Il était connu pour trouver trouver les bonnes personnes : à la tête de la Maison de la culture, Didier Béraud, au Musée Dauphinois Jean-Pierre Laurent, qui va révolutionner complètement la muséographie du musée […] Sa passion c’était d’innover et en même temps de diffuser la culture, d’ouvrir ces lieux de culture, notamment à travers les comités d’entreprise. Il y a un lien entre l’éducation populaire, le syndicalisme et l’action municipale. Il participe vraiment du « modèle grenoblois » qui va devenir un peu mythique.« 

Après ses années d’adjoint Bernard Gilman aura encore un long parcours dans la culture. Il reviendra à Grenoble en 1979 pour diriger pendant deux ans une Maison de la culture en crise. Il sera ensuite appelé au ministère de Jack Lang en 1981 et Michel Rocard lui confiera à la fin des années 80 la réalisation du Centre culturel de Nouméa.

Pour prolonger la découverte du parcours de Bernard Gilman :

  • « Les élites culturelles à Grenoble, des années 1940 aux années 1980 » de Gil Emprin
  • Cet article du Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social, signé André Caudron
  • « Bernard Gilman, une culture pour tous – Entretiens », de Jean-Claude Duclos et Olivier Cogne, paru en 2018 au PUG, collection « L’empreinte du temps »

Il est décédé en décembre 2022.

Biographie de Bernard Gilman (1931-2022), « militant culturel » (proposé par Jean-Claude Duclos)
1931 Naissance à Port-Vila (alors aux Nouvelles Hébrides, aujourd’hui au Vanuatu)
1935-1950 (aux environs de), enfance et jeunesse dans la région roubaisienne, CAP de fraiseur, apprentissage de la vie ouvrière et syndicale, passe son baccalauréat.
1955 ? Instituteur à Besse-en Oisans puis à La-Salle-en-Beaumont, Isère
1960 Adhère à Peuple et Culture (PEC)
1962 Détaché de l’Education nationale, il devient permanent de PEC et s’installe à Grenoble.
1964 Adhère au Groupe d’action municipale (GAM), créé par Hubert Dubedout.
1964-1970 Participe aux Rencontres d’Avignon, animées par Jean Vilar
1965 Maire-adjoint à la Culture
1967 Symposium de sculpture : une dizaine d’artistes placent leurs œuvres dans la Ville.
1968 Inauguration de la Maison de la Culture et du Musée dauphinois dans le contexte des Jeux olympiques d’hiver.
1970 Participe à la Création de l’Office dauphinois des travailleurs immigrés (ODTI), devenu l’Office des discriminations et des territoires interculturels.
1971 Reconduit pour un second mandat en tant d’adjoint à la culture. Participe, en septembre, aux séances plénières du IXème congrès de l’ICOM.
1975 Fait procéder à l’évaluation des 10 dernières années de politique culturelle dans la ville : une première !
1977 En mission pour le Conseil de l’Europe il signe un rapport intitulé « Le musée, agent d’innovation culturelle », jugé depuis précurseur.
1979-1980 Accepte comme un devoir la direction de la Maison de la culture et parvient à la sortir de la crise.
1981 Suite à l’élection de François Mitterrand et à l’arrivée de Jack Lang au ministère de la culture, son directeur de cabinet, Jacques Sallois lui demande de l’y rejoindre. Il y participe notamment à la mise en œuvre de la Direction du développement culturel (DDC) puis de nombreuses Conventions de développement culturel.
1984 Création et direction du Centre de formation national d’Avignon (CFNA) destiné aux responsables culturels.
1988 Participe à la formation de journalistes mélanésiens où il fait connaissance de Jean-Marie Tjibaou ave lequel il se lie d’amitié et commence à réfléchir à la création d’un Centre de culture Kanak.
1988-1992 Missions en Afrique pour le ministère de la Coopération, axées principalement sur la formation des responsables culturels.
1989 A la mort de Jean-Marie Tjibaou, chargé par le secrétariat d’État aux grands travaux dirigé réalisation à Nouméa du Centre culturel qui allait porter le nom du leader indépendantiste.
1995-1998 Suit la construction, sur les plans de Renzo Piano, du Centre culturel Jean-Marie Tjibaou puis son ouverture.
1991 Inspecteur général des affaires culturelle au ministère de la Culture.
1992 Adresse ses propositions pour faire du Musée des arts africains et océaniens, une « Maison des civilisations ».
1996-2012 Bien qu’à la retraite, il continue de participer activement, au Musée dauphinois, à l’ODTI et dans diverses associations, à de nombreuses actions.
2022 Décès à La Mure.

Télécharger un article de Jean-Claude Duclos sur Bernard Gilman et le musée.

Musées associés

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Autres musées associés

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Musée de Grenoble

Publications majeures sur le thème des musées

Rapport au Conseil de l'Europe en 1977 : Le musée, agent d'innovation culturelle. Consulter le rapport : Musée innovation culturelle Gilman

Extrait :

« le musée devient en quelque sorte un centre culturel où l'exposition reste la pierre angulaire, à partir de celle-ci se développent toutes sortes de manifestations. C'est, nous croyons, l'avenir. C'est en ce sens
que nous écrivions que les équipes des musées doivent devenir des équipes d'action culturelle où une certaine polyvalence est heureuse. » page 23

« S'il n'y a pas lieu bien entendu de supprimer des expositions au musée, il faut peut-être parfois choisir d'en faire moins et de se consacrer à un public spécifique dans ou à l'extérieur du musée. »

« Ie brouhaha d'un forum vaut le silence d'une nécropole. » (page 29)